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Deux pétroliers ciblés dans le golfe d'Oman, l'or noir en hausse


Shutterstock photo


(Actualisé tout du long avec Iran, précisions)

par Lisa Barrington et Lesley Wroughton

DUBAI/WASHINGTON, 14 juin (Reuters) - Deux pétroliers ontété jeudi la cible d'attaques dans le golfe d'Oman, près dudétroit d'Ormuz, laissant craindre une nouvelle confrontationentre l'Iran et les Etats-Unis, qui ont imputé ces actes àTéhéran.

L'Iran rejette "catégoriquement l'accusation infondée desEtats-Unis et la condamne avec la plus grande fermeté", adéclaré jeudi soir la mission diplomatique iranienne auprès desNations unies dans un communiqué.

Les deux pétroliers visés, le Front Altair et le KokukaCourageous, qui battent respectivement pavillon des îlesMarshall et du Panama, ont été évacués et leurs équipages placésen sécurité.

Une personne au fait du dossier a assuré jeudi à Reutersqu'aucune torpille n'avait été utilisée contre les deuxpétroliers en question.

L'équipage de l'un des pétroliers visés jeudi a abandonné lenavire après avoir repéré ce qui semblait être une mine-ventousefixée au bâtiment, a dit d'autre part un responsable américain àReuters, sous le couvert de l'anonymat.

Les incidents ont provoqué une forte hausse des cours dubrut, qui ont terminé en nette hausse sur le marché new-yorkaisNymex. urn:newsml:reuters.com:*:nL8N23K66U

Le contrat juin sur le brut léger américain (West TexasIntermediate, WTI) CLc1 a gagné 1,14 dollar, soit 2,23%, à 52,28dollars le baril. Il a pris en séance jusqu'à 4,5% pour monter à53,45 dollars. Au moment de la clôture du Nymex, le Brent LCOc1prenait 1,37 dollar (+2,28%) à 61,34 dollars, après un pic à62,64 dollars en séance.

Un cinquième de la demande mondiale de pétrole transite parle détroit d'Ormuz, où quatre navires de commerce ont déjà étéle 12 mai les cibles d'"actes de sabotage" que les Etats-Unisont attribués à l'Iran.

"DEGRÉ DE COMPLEXITÉ"

Washington a accusé sans équivoque Téhéran d'êtreresponsable de ces nouveaux incidents.

"Les Etats-Unis considèrent que la République islamiqued'Iran est responsable des attaques survenues aujourd'hui dansle golfe d'Oman", a dit le chef du département d'Etat américain,Mike Pompeo, à la presse.

"Cette conclusion s'appuie sur des renseignements, sur lesarmes utilisées, sur le niveau de savoir-faire nécessaire pourmener à bien l'opération, sur les attaques iraniennes analogueset récentes contre la marine marchande, et sur le fait qu'aucuneorganisation à la solde d'une puissance, dans la région, nedispose des ressources et de l'efficacité requises pour passer àl'acte avec un tel degré de complexité", a-t-il ajouté.

Des représentants de services de sécurité européens etaméricains, de même que des analystes, ont toutefois estiméqu'il ne fallait pas dresser de conclusions à la hâte,n'écartant pas l'hypothèse que l'Iran ne soit pas responsabledes incidents.

"Mon seul conseil est d'aborder les choses avec la plusgrande prudence", a déclaré une source sécuritaire sous le sceaude l'anonymat.

L'Arabie saoudite a déclaré elle aussi penser, à l'instar deMike Pompeo, que l'Iran était responsable des dernièresattaques. "Nous n'avons pas de raison d'être en désaccord avecle secrétaire d'Etat. Nous sommes du même avis que lui", aestimé le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al Djoubeïr."L'Iran est coutumier de ce genre d'actes", a-t-il ajouté.

A Londres, le secrétaire au Foreign Office a dit que laGrande-Bretagne travaillait sur la base d'une responsabilité del'Iran.

Dans un communiqué, Jeremy Hunt a ajouté que ces actionsétaient "profondément imprudentes".

Les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis ainsi quecertains de leurs alliés, comme l'Arabie saoudite, se sontamplifiées depuis que le président américain Donald Trump adénoncé l'an dernier l'accord de 2015 sur le nucléaire iranienet rétabli des sanctions visant à réduire à néant lesexportations de brut de l'Iran.

Washington a aussi annoncé le mois dernier l'envoi detroupes supplémentaires au Moyen-Orient en disant craindre desattaques iraniennes contre ses intérêts ou ceux de ses alliésdans la région.

L'Iran, qui avait aussi démenti être responsable desattaques du 12 mai, a averti ces derniers mois qu'il pourraitbloquer le détroit d'Ormuz s'il ne pouvait commercialiser sonpétrole du fait des sanctions américaines.

Le propriétaire du Kokuka Courageous a indiqué jeudi que lenavire avait été attaqué à deux reprises en l'espace de troisheures et qu'un incendie s'était déclaré dans la salle desmachines.

Son armateur, Bernhard Schulte Shipmanagement, a publié uncommuniqué indiquant que les 21 membres d'équipage avaientquitté le bâtiment à bord d'un canot de sauvetage avant d'êtrerepêchés par le Costal Ace, un navire néerlandais, qui les aremis à la marine américaine.

ÉVITER UNE "CONFRONTATION MAJEURE"

L'équipage du Front Altair était constitué de onze Russes,onze Philippins et un Géorgien. Ils ont été récupérés par uncargo, le Hyundai Dubai, avant d'être transbordés sur un navireiranien qui les a débarqués au port de Bandar Abbas.

CPC, son armateur taiwanais, dit penser que le pétrolier,qui transportait 75.000 tonnes de naphte, a été touché par unetorpille vers 04h00 GMT.

S'exprimant lors d'une réunion du Conseil de sécurité del'Onu consacrée à la coopération entre les Nations unies et laLigue arabe, le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, adéclaré que le monde ne pouvait pas se permettre "uneconfrontation majeure dans la région du Golfe".

A la demande des Etats-Unis, le Conseil de sécurité adiscuté à huis clos de la question de la sécurité maritime dansla région.

Washington et Téhéran ont tous les deux déclaré à plusieursreprises vouloir éviter un conflit.

Dans un communiqué diffusé jeudi soir, le Commandementcentral américain a déclaré que les Etats-Unis n'avaient "aucunintérêt à engager un nouveau conflit au Moyen-Orient. Nousdéfendrons nos intérêts, mais une guerre avec l'Iran n'est pasdans notre intérêt stratégique, ni dans le meilleur intérêt dela communauté internationale".

Le président iranien Hassan Rohani a déclaré mercredi queson pays n'initierait "jamais une guerre", mais répondrait avecla plus grande fermeté à toute agression.

En visite à Téhéran, le Premier ministre japonais Shinzo Abea remis un message de Donald Trump au guide suprême de laRévolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, lequel a dit nepas vouloir renouveler "l'amère expérience" de négociations avecles Etats-Unis. urn:newsml:reuters.com:*:nL8N23K3B0

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GRAPHIQUE (en anglais) localisant les deux pétroliers touchés
https://tmsnrt.rs/2X6nIQF
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(avec Koustav Samanta et Jessica Jaganathan à Singapour,Liang-Sa Loh et Yimou Lee à Taïpei, Terje Solsvik à Oslo, GhaidaGhantous à Dubaï, Michelle Nichols aux Nations unies, DoinaChiacu et Phil Stewart à Washington; Jean-Philippe Lefief,Nicolas Delame, Eric Faye et Jean Terzian pour le servicefrançais) ((paris.newsroom@reuters.comService informations générales 01 49 49 53 34))






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